BTP : des technologies au service de la prévention des accidents du travail

BTP : des technologies au service de la prévention des accidents du travail

Dans le bâtiment et les travaux publics, le défi de la sécurité est un gros enjeu. Organismes, incubateurs et ingénieurs cherchent à trouver des solutions pour agir sur la pénibilité, la sécurité et la prévention des risques. 

Le BTP parmi les secteurs les plus sinistrés

En 2018 en France, le secteur représentait 15% des maladies professionnelles, et 14% des accidents du travail, dont les 3 causes principales sont la manutention manuelle, les chutes, et l’outillage à main*.

Parallèlement à ces chiffres, on constate une volonté d’adapter ses habitudes de travail pour réduire les contraintes et chocs physiques prolongés. Ces résolutions professionnelles s’expliquent par une prise de conscience progressive mais déjà bien engagée du danger lié aux conditions difficiles d’exercice de ces métiers, mais surtout des conséquences qui en résultent : 39% des artisans du BTP se déclarent ainsi en mauvaise santé, et 68% d’entre eux disent souffrir de douleurs musculaires**.

Salariés du BTP travaillant sur un chantier

Nouvelles initiatives et intérêt croissant pour la technologie

Grâce aux études, à la prévention, et à la diffusion de l’information, les artisans et ouvriers du BTP ont désormais un regard différent sur la pénibilité de leur travail et **46% d’entre eux s’intéressent de près aux EPI (Equipement de Protection Individuelle) et aux dispositifs de balisages connectés pour sécuriser les zone de chantier.

L’impact des technologies sur les chantiers se fera autant ressentir auprès des salariés que des patrons en répondant à des objectifs humains, techniques, et organisationnels. Ceci se traduit grossièrement par une hausse de la productivité d’un côté, et d’un autre par la diminution des risques avec des gestes et postures de travail adaptés, une réactivité d’alerte plus efficace lors d’un accident, et une cohabitation engin et homme mieux contrôlée, notamment grâce à une meilleure visibilité sur les zones dangereuses.  

Si de telles avancées voient le jour, c’est aussi grâce aux accélérateurs de start-up spécialisés tel que « Santé – Prévention dans le BTP » qui accompagne les projets en faveur de la santé et de la qualité de vie au travail des salariés du BTP.

Preuve de cet engouement sur le plan technologique, le nombre de robot disponibles sur le marché et permettant d’alléger les tâches a été multiplié par 10 en seulement 5 ans.

Les robots d’assistance aux efforts

Côté technologie, plusieurs catégories se démarquent pour prévenir autant que diminuer le risque d’accidents sur chantier, et les robots en font partie. Si les robots 100% opérationnels pour remplacer l’homme sur des activités physiquement contraignantes font débat, les exosquelettes eux fascinent et intéressent de plus en plus les entreprises, tout en étant bien mieux accueillis par les salariés.

Homme portant un exosquelette pour porter des cartons sans douleurs

A destination des salariés dont la tête et le regard sont continuellement dirigés vers le haut, l’entreprise VIZ-O a mis au point un exosquelette permettant de soutenir les cervicales. Le système dynamique repose sur l’accompagnement du poids de la tête tout en suivant le mouvement des cervicales pour les soulager et éviter les douleurs.

L’entreprise K-Ryole s’est inspiré de son produit phare, une remorque électrique intelligente pour vélo, pour réaliser à la demande d’une entreprise de construction une brouette intuitive permettant de transporter sans efforts jusqu’à 250 kg et peu importe l’état du terrain.

Enfin, les artisans du BTP peuvent attendre avec impatience la solution encore en incubation de la société Moten technologies qui permettra de prévenir les troubles musculo-squelettiques (tendinites, lombalgies, etc.). Le fonctionnement de cette technologie repose sur l’écoute des sons et vibrations émis par les muscles du corps, qu’elle analyse ensuite en temps réel pour déterminer lorsque la sollicitation est trop importante et qu’une pause dans l’activité devient nécessaire. Elle permettrait enfin l’analyse poussée et l’ajustement du poste de travail pour en diminuer la pénibilité physique.  

Les technologies de reconnaissance vidéo 

Par drône ou par caméra, la vidéo trouve progressivement sa place sur les chantiers. Il ne s’agit pas ici de surveillance du travail effectué mais d’un moyen d’avoir une vision globale sur l’activité, afin de déterminer ce qui relève du danger et éviter les accidents.

L’entreprise NVIDIA a mis au point une technologie basée sur la reconnaissance vidéo qui permet de visualiser en 3D les chantiers et différencier les hommes, leurs engins et outils. Elle suit ensuite ces interactions, en relation avec les objets connectés du chantier,  pour veiller à la sécurité du site et de son activité.

Dans la même optique, Colas a développé en partenariat avec Volvo CR une intelligence artificielle qui vient prévenir le conducteur d’engin de la présence d’un collaborateur dans son champ de manœuvre. Cette technologie vient renforcer la vigilance au cœur des chantiers, mais lutte également contre les négligences comme l’oubli du port de son EPI.

En matière de prévention, les technologies numériques associées à la formation du personnel à la prévention des risques sont deux piliers co-dépendants qui permettront de réduire significativement les accidents du travail dans le secteur du BTP, où les chutes et accidents liés aux manutentions manuelles sont encore trop récurrents.

* Assurance Maladie Risques Professionnels
** Selon le baromètre ArtiSanté BTP

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Hausse des TMS en entreprise : les comprendre pour les éviter

Hausse des TMS en entreprise :
les comprendre pour les éviter

La lutte contre le risque de TMS – Troubles Musculo Squelettiques – est en enjeu de santé pour les salariés, mais aussi pour l’entreprise et son économie. Si vous souhaitez maintenir une activité continue et prospère tout en garantissant un climat sécuritaire à vos collaborateurs, cet article vous permettra de comprendre les TMS, et vous donnera les moyens de lutter contre les facteurs de risques associés.

Qu’est-ce qu’un TMS ?

Les TMS sont des troubles de l’appareil locomoteur qui affectent les muscles, les tendons, ou les articulations. Ils sont les plus récurrents parmi les maladies professionnelles, et c’est bien souvent le métier exercé qui en est la source. Sans intervention de la part de l’employeur, la poursuite de l’activité dans des conditions inchangées contribue à aggraver les symptômes et empêcher la guérison.

Les causes d’apparition de ces douleurs sont « infinies » et propres à chaque métier, elles résultent d’une contrainte physique telle que des gestes répétitifs, des efforts conséquents, des manutentions lourdes, une immobilité prolongée, des postures contraignantes, le contact avec des vibrations, ou encore le travail dans le froid, etc.

tms et lombalgie après port de charges

Quels sont les symptômes et conséquences des TMS ?

L’apparition de douleurs ou d’une gêne importante lors de certains mouvements sont des symptômes annonciateurs à prendre immédiatement en considération. Ils peuvent se manifester dans tous le corps (dos, épaules, coudes, poignets, genoux etc.) et donnent lieu à des maladies telles que les tendinites ou lombalgies.

Dès les premiers symptômes, le salarié n’est plus en mesure d’effectuer un travail de qualité et souffre de son activité professionnelle. La plupart de ces maladies laissent en plus des séquelles non compatibles avec une reprise efficace.

Pour l’employeur, les conséquences sont tout aussi néfastes et lui font faire face à des coûts supplémentaires, à une baisse de productivité, et à une perte d’engagement générale liée à la propagation d’un climat de travail difficile et non propice au bien-être.

Quelles actions mettre en œuvre pour y remédier ?

  • L’aménagement des conditions de travail

En premier lieu, il convient de procéder à un état des lieux général en rédigeant le Document Unique qui recense et évalue toutes les situations à risques liées à l’activité professionnelle. Une fois ces facteurs déterminés, l’employeur dispose des ressources suffisantes pour se mettre en conformité en aménageant les espaces, en adaptant les méthodes de travail, en investissant dans du nouveau matériel, etc.

aménagement du poste de travail pour éviter les tms
  • L’organisation et le management

Une bonne organisation du travail permet à chaque salarié d’évoluer à son rythme sans contraindre sa santé mentale (stress) et physique (trop forte intensité et épuisement). Dans des conditions d’exercices propices au bien-être, les collaborateurs sont plus attentifs à leurs gestes et ne surexploitent pas leurs corps.

formation de formateur gestes et postures
  • Acquisition de compétences et prévention

Les salariés n’ont pas, d’office et de naturel, les moyens de se protéger. C’est la responsabilité de l’employeur de communiquer sur l’existence du Document Unique et d’informer les salariés des risques auxquels ils pourraient s’exposer, et ce pour chaque unité de travail.

La capacité à reconnaître et prévenir le risque de TMS passe également par des actions de formation pour permettre l’acquisition de compétences utiles et adaptées aux spécificités de son métier.

Vous êtes employeur ? Impliquez vos salariés en leur proposant des formations adaptées qui leur enseigneront les bons réflexes pour préserver leur santé et leur sécurité.

Lire aussi : 4 raisons de faire de la prévention dans mon entreprise

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