Soignants en EHPAD : vous aussi avez le droit à une bonne santé

En 2019, les accidents du travail en EHPAD représentaient une part de 23%. Ces résidences médicalisées pour les seniors autonomes ou en perte d’autonomie physique voire psychique, proposent un accompagnement à la fois médical et social à leurs résidents. Une prise en charge complète assurée par les personnels soignants (aides-soignants, infirmiers, psychomotriciens, ergothérapeutes, psychologues…) exposés alors à de nombreux risques physiques et psychologiques…

Lors d’un précédent article, nous vous avions exposés les risques physiques les plus courants dus à leurs déplacements, mais de nombreuses autres menaces existent. Face à cette réalité, une prévention adaptée à chaque contexte doit être mise en place. On vous explique tout !

Réduire les risques psychosociaux

Cette formation vous permet de former des salariés qui souhaitent être SST au sein de votre entreprise ou dans le cadre d’un organisme de formation. Vous leur enseignez la maîtrise des risques propres à leur activité, la manière dont ils peuvent les éviter, et les gestes de premiers secours à apporter aux victimes en cas d’accident.

En plus d’être un métier physique, le travail des soignants en EHPAD induit souvent un engagement personnel intense ce qui provoque une charge émotionnelle forte sur la durée :

  • accompagnement des résidents en fin de vie,
  • agressivité et violence verbale voire physique de la part des résidents atteints de troubles cognitifs,
  • mais également le contact avec les membres des familles présentant parfois des réactions psychologiques d’angoisse et de culpabilité

Les soignants sont également confrontés à un sentiment de frustration. Dans certains EHPAD ces derniers ne sont pas assez impliqués dans les décisions organisationnelles (gestion des plannings, environnement de travail…) ce qui peut brider leur autonomie sur certaines tâches.

Ces risques psychosociaux peuvent ainsi conduire à un épuisement professionnel (burnout) s’ils ne sont pas mesurés correctement. Les mesures de prévention suivantes visent à empêcher une aggravation de la santé des personnes déjà épuisées et prévenir l’apparition d’autres cas :

  • Former les soignants à la prise en charge de résidents atteints de troubles cognitifs,
  • Veiller à ce que l’organisation du travail ne surcharge pas les salariés et ne les mettent pas en porte-à-faux vis-à-vis des règles et de l’éthique de leur métier,
  • Favoriser le travail en équipe,
  • Inclure au mieux des aides techniques dans les soins pratiqués pour que les soignants puissent davantage se concentrer sur la relation humaine avec les patients,
  • Mettre en place une démarche de prévention collective des risques psychosociaux et une prise en charge des personnes atteintes psychologiquement.

Éviter les risques infectieux

En EHPAD de nombreuses infections sont susceptibles de se développer, comme des infections cutanées, urinaires, respiratoires…

Il est donc primordial pour les soignants de respecter les précautions standards et d’adopter les mesures de prévention liées au risque infectieux.
Pour se protéger des virus, chaque professionnel devrait considérer chaque résident, quelque soit son statut sérologique et son état de santé, comme porteur potentiel d’agents infectieux.

En complément, les soignants en EHPAD doivent également adopter certaines précautions comme l’hygiène des mains, le port de gants et de vêtements de protection, et veiller à la bonne gestion des déchets de soin et du linge sale.
Pour certain patient, en fonction de sa pathologie et des différents modes de transmission, le soignant sera amené à respecter d’autres mesures complémentaires en concertation avec le médecin et/ou l’infirmier en charge du résident.

Enfin, le protocole de conduite à réaliser par les professionnels exposés après un accident, au sang ou à des agents infectieux (grippe, coqueluche, gale…) doit être affiché en salle de soins.

Se protéger des risques chimiques

Beaucoup de produits sont utilisés comme les détergents ou les désinfectants liés aux opérations de nettoyage par exemple. Ils peuvent être irritants, corrosifs, allergisants. Leur utilisation peut alors causer des maladies professionnelles, des accidents du travail ou encore entraîner des pollutions environnementales.

La formation est un bon moyen pour apprendre aux intervenants comment :

  • utiliser correctement les produits chimiques,
  • appliquer les protocoles en vigueur dans l’établissement,
  • rappeler l’importance de ne jamais mélanger les produits.

Il est demandé à chaque entreprise de renseigner l’ensemble des risques présents dans leur établissement dans le document unique. Cela permet de les connaître et de mettre en place des mesures de prévention adaptées.

Le métier de soignant représente une lourde charge de travail physique et à la fois émotionnelle. Il est ainsi nécessaire de mettre en place des solutions de prévention pour anticiper ces risques et pérenniser la santé et à la sécurité du personnel qui travaille en EHPAD grâce à des formations adaptées à votre structure.

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Troubles musculosquelettiques, lombalgies, chutes : 3 risques fréquents en EHPAD

En France, on compte 7 500 EHPAD avec environ 350 000 personnes dédiées à la prise en charge des résidents. Il existe un grand nombre de métiers avec pour mission d’accompagner des personnes âgées dont le niveau de dépendance ne permet plus qu’elles restent seules à leur domicile.

Ces professionnels sont exposés à des risques physiques et psychologiques importants. Heureusement, aujourd’hui, de nombreuses mesures de prévention permettent de soulager la pénibilité de leur travail et d’éviter l’épuisement professionnel.

Éviter les lombalgies et les troubles musculosquelettiques

Les résidents des EHPAD sont physiquement dépendants des soignants. En effet, le personnel les aide à se déplacer, à bouger, à changer de position…
Toutes ces manipulations entraînent des risques de troubles musculosquelettiques (TMS) et peuvent également provoquer des douleurs lombaires qui deviennent rapidement handicapantes.

Ainsi, pour lutter contre ce risque et alléger les manutentions manuelles, il est important de mettre en place des mesures de prévention, et ce, le plus en amont possible.
Afin de faciliter le travail du personnel des EHPAD, des aides techniques se sont développées ces dernières années, qu’il est fortement recommandé d’intégrer pour préserver la santé et la sécurité des soignants. Celles-ci peuvent être installées dès la conception des locaux ou lors d’une rénovation du bâtiment. Quoiqu’il en soit, ces aides sont essentielles !

Que pouvez-vous mettre en place ?

  • un rail de plafonnier intégré dans la chambre de vos résidents, rendra leur manipulation plus facile et plus sûre. Le rail doit être installé tout autour du lit de la personne, en forme de H, pour couvrir une zone de transfert plus large tout en donnant accès à la salle de bain,
  • un revêtement de sol adapté favorisera le déplacement des aides techniques mobiles. Il peut également avoir une autre fonction non négligeable, celle d’absorber le bruit et d’amortir les chutes.
  • un espace de stockage des aides techniques bien situé et à proximité des chambres permettra de gagner du temps au quotidien et de rendre le travail du personnel des EHPAD plus efficace.

Ces aides techniques nécessitent cependant une formation pour qu’elles puissent être bien utilisées. Une mauvaise utilisation ou un mauvais usage de ces appareils peut entrainer des lésions ou encore des maladies professionnelles liées aux troubles musculosquelettiques.

Pour que ces systèmes d’aide soient performants, il est donc important de bien les choisir mais aussi de former les soignants à leur utilisation.

Prévenir les risques de chutes dans les EHPAD

Être soignant demande d’être toujours en activité et de réaliser de nombreux déplacements, souvent précipités, de longues distances ou encore sur plusieurs étages dans des espaces parfois exigus. C’est un métier physique qui entraine souvent des chutes de plain-pied ou des chutes de hauteur.

Pour éviter de se retrouver face à ces situations, il faut anticiper cette problématique dès la conception du bâtiment et ainsi limiter :

  • le nombre et l’amplitude des déplacements,
  • les dénivellations,
  • les seuils et les obstacles au sol.

Le choix du revêtement de sol est un élément important à prendre en compte dans la démarche de prévention. Pour les espaces où il existe des risques d’éclaboussures par exemple la cuisine ou la salle de bain, il est préférable de privilégier des revêtements antidérapants.
Concernant le personnel, il doit être équipé de chaussures fermées antidérapantes, pour limiter le risque de chute ou de glissade.

Les soignants qui travaillent en EHPAD sont exposés à de nombreux risques physiques. Après les avoir identifiés, il est nécessaire de mettre en place des actions de prévention pour veiller à la santé et à la sécurité du personnel.

Pour préparer encore plus vos salariés à faire face aux dangers liés à leur métier, il existe des formations qui s’adaptent à chacun des risques.
Nous pouvons vous accompagner pour élaborer votre projet, contactez-nous !

Ergothérapeute : un accompagnement à la reprise du travail après un accident ou une maladie professionnelle

Peu connu mais pourtant indispensable, le métier d’ergothérapeute apporte un vrai soutien à de nombreux patients victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.

Pour en savoir plus, nous avons interviewé Béatrice Jean, ergothérapeute depuis trente ans, pour qu’elle partage avec nous son expérience.

Existe-t-il une différence entre votre métier et l’ergonomie ?

L’ergothérapie et l’ergonomie, du grec « ergon » signifiant « travail, action » regroupent des réalités très différentes. L’ergothérapie consiste à accompagner une personne ayant perdu des capacités du fait d’un accident ou d’une maladie. Après l’évaluation de ses capacités, il s’agit de mettre en œuvre, avec la personne, un plan de traitement visant à :

  • récupérer ou développer ses aptitudes restantes,
  • compenser ses incapacités,
  • adapter son environnement de façon à favoriser la reprise des activités dont elle avait l’habitude, sur le plan personnel ainsi que sur le plan social et professionnel.

L’ergonomie, en revanche, s’oriente surtout sur le travail. Son objectif est d’optimiser le bien-être du travailleur, d’améliorer sa situation de travail, donc sa santé au travail, tout en veillant à la performance globale et à l’efficacité du système.

En vue d’accompagner le patient dans la reprise de son emploi, l’ergothérapeute agira sur les exigences de l’activité (aménagement du poste) pour les adapter aux capacités de la personne, tandis que l’ergonome centrera davantage ses interventions sur l’environnement et la tâche de travail.

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Quel type de patients suiviez-vous ?

J’ai suivi des patients accueillis pour un séjour de rééducation en SSR (Soins de Suite et Réadaptation) pendant quelques semaines voire quelques mois. J’accompagnais également des personnes avec de lourds handicaps pendant un à deux ans. Les pathologies auxquelles j’étais le plus souvent confrontées étaient :

  • Les accidents – Traumatisme Crânien, lésion traumatique de la colonne (paraplégie ou tétraplégie), traumatologies diverses touchant les membres supérieurs ou le dos…
  • Les maladies – Accident Vasculaire Cérébral, sclérose en plaque, cancer, myopathie ou autre pathologie…
  • Les pathologies dégénératives du rachis ou autre atteinte rhumatologique…

J’ai suivi des patients accueillis pour un séjour de rééducation en SSR (Soins de Suite et Réadaptation) pendant quelques semaines voire quelques mois. J’accompagnais également des personnes avec de lourds handicaps pendant un à deux ans.

Comment est-on amené à consulter un ergothérapeute ?

Les séances sont prescrites par le médecin de rééducation, le patient ne choisit donc pas cette prise en charge. En général, les malades sont répartis selon les disponibilités de l’équipe d’ergothérapie ou parfois en fonction des compétences particulières d’un soignant.

Les personnes que nous accompagnons pendant leur séjour dans le Centre se considèrent plus ou moins comme «patients». En effet, c’est le terme utilisé mais ce sont avant tout des personnes victimes d’un « accident » au cours de leur parcours de vie, qui va parfois laisser des modifications importantes dans leur vie future.

Comment se passe une consultation ?

Nous réalisons une prise en charge globale de la personne, avec différentes étapes adaptées selon la pathologie. Premièrement, il est parfois nécessaire de voir le patient dans sa chambre (toilette, habillage, transferts…), en salle de rééducation pour des évaluations, exercices ou activités visant à récupérer une fonction. Ensuite, l’ergothérapeute organise des mises en situation de vie quotidienne en cuisine, en grande surface, en ville pour prendre le bus ou sur des tâches ménagères par exemple.

Enfin, des déplacements au domicile des patients sont parfois organisés dans le cas où un aménagement de celui-ci doit être envisagé – lien avec la famille, préconisation de matériels et de transformations pour permettre le retour au domicile malgré le handicap.

En tant qu’ergothérapeute chargé du retour à l’emploi, quel était votre rôle ?

Pendant plus d’une vingtaine d’années, mon travail s’est axé sur l’accompagnement des patients qui présentaient différents types d’atteintes susceptibles de rendre leur retour au travail difficile. Les personnes victimes d’un handicap, dont la reprise de leur activité professionnelle était impossible, devaient envisager une reconversion.

Mon rôle consistait ainsi à mettre en œuvre les aménagements nécessaires, en lien avec le médecin du travail et l’employeur pour favoriser le retour dans l’entreprise. Nous réalisions des évaluations fonctionnelles diverses qui permettent de mesurer les pertes de capacité et les possibilités restantes.

Nous interrogions également la personne sur son activité pour comprendre son poste de travail et les missions qui le constitue. La préconisation de matériels, d’aides techniques, ou de modifications dans le contenu du poste de travail se fait après la visite dans l’entreprise et toujours en lien avec le médecin du travail et l’employeur. Evidemment, la personne est au centre de tous ces questionnements, il lui faut le temps d’accepter ses limites et de trouver les bonnes solutions malgré les nombreuses contraintes.

Mon travail était extrêmement varié aussi bien dans le domaine de la rééducation / réadaptation, que dans la préparation du retour au travail, avec dans les deux domaines la nécessité d’une adaptabilité permanente, et d’une grande disponibilité pour soutenir la personne vers la construction d’un nouvel avenir.

Métier au cœur de l’humain, l’ergothérapeute apporte un réel accompagnement à des patients qui ont vu leur vie complètement chamboulée.

Maintenant que vous en savez plus sur cette profession, retrouvez dès la semaine prochaine, un nouveau chapitre autour de l’ergothérapie et les douleurs lombaires. Béatrice partagera avec nous, conseils, astuces et exercices pour lutter contre les maux de dos.

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